L’auteure et conférencière Amélie FERRIGNO lève le voile sur un projet inédit.
J’ai rencontré Amélie Ferrigno par une journée du printemps 2025. Nos routes se croisent alors qu’elle présente son roman “Le secret de la Fornarina” au salon du livre de Gémenos, tout près d’Aubagne.
En compagnie de Carole Manucci, autrice du blog “Les Parenthèses de Carole”, nous avons ensuite toutes trois déjeuné ensemble. Je tiens d’ailleurs à la remercier chaleureusement pour avoir facilité notre rencontre.
Le courant est passé tout de suite! J’avais déjà eu le plaisir de partager un déjeuner ensoleillé avec Carole, quelques mois plus tôt. Soudain, c’était comme si trois copines de longue date se rencontraient à nouveau.
Nous avons discuté à bâtons rompus autour d’un plat de pasta (ovviamente!) des projets et humeurs de chacune avec l’Italie en toile de fond.
Nous nous sommes vite aperçues que nous avions beaucoup de points communs : même âge (ou presque), même université (à quelques années d’intervalle) et souvent mêmes envies! Une envie surtout : celle de partager, chacune à sa manière, la passion qui l’anime.
Aussi, lorsque quelques semaines plus tard, Amélie me recontacte, je suis sur mon petit nuage. Elle me demande si on peut se rencontrer pour parler d’un projet qui lui tient à cœur : amener les lecteurs sur les traces du roman.
Le temps d’un autre déjeuner pour poser les bases du projet, nous nous sommes rapidement mises au travail pour concrétiser cette envie.
Après des mois de recherches et de repérages, deux allers-retours dans la Cité Éternelle, le projet a grandi en silence, s’est affiné, peu à peu structuré… Aujourd’hui, nous sommes à la fois émues et heureuses de pouvoir enfin en parler car notre voyage n’est désormais plus un projet. L’Escapade Fornarina est née!
Nous allons tout vous dévoiler, mais d’abord, place à notre échange!
Andiamo!

Amélie FERRIGNO
Amélie Ferrigno est historienne de l’art, écrivaine, conférencière, bibliothécaire, mais avant tout… PASSIONNÉE !
Amoureuse de l’Italie de la Renaissance, experte de la période romaine de Raphaël, elle arpente les rues de la Cité Éternelle depuis plus de 20 ans, pour ses recherches et ouvrages dédiés à Raphaël, ses mécènes et ses amours.
Elle est sollicitée en France et en Italie dans la réalisation de films documentaires.
« La Renaissance » est au fondement de ses projets artistiques. Elle explore à travers elle les différents thèmes d’une conquête de l’Homme par soi-même.
Le secret de la Fornarina est son premier roman.
Sandrine Ferri : Amélie, bonjour et bienvenue! Merci de te prêter au jeu d’une nouvelle interview où nous allons parler de ton roman mais aussi d’un projet inédit que nous avons élaboré ensemble. Mais pour commencer, et avant d’en parler plus en détail, peux-tu nous en dire un peu plus sur toi, ton parcours ?
Amélie Ferrigno : Bonjour Sandrine et merci. Comme tu l’as indiqué, je suis historienne de l’art de la Renaissance italienne. Je me suis surtout intéressée à Raphaël et à ses œuvres réalisées à Rome. Mon parcours universitaire et professionnel reflète assez bien ce qui m’anime et ce qui me définit le mieux je crois, c’est-à-dire, la passion ; une passion pour l’Italie, pour la Renaissance, surtout la Rome du XVIème siècle, qui m’a conduit, dès mon doctorat à diversifier mes secteurs de recherche, qui ont aussi bien investi la production artistique de l’époque que le domaine de l’imprimerie et de l’édition italienne au XVIème siècle.
Aujourd’hui mes recherches, mes publications, les conférences ou projets artistiques auxquels je participe ont tous ce point en commun : communiquer, transmettre et partager la beauté, les richesses intellectuelles et artistiques de la Renaissance.
S: Auteure et conférencière, tu as aussi écrit deux ouvrages sur Raphaël, issus de ta thèse universitaire.
A : Ma thèse de doctorat portait sur « Le mécénat d’Agostino Chigi », un puissant banquier siennois au service des papes, et un des plus grands mécènes de Raphaël à Rome. J’ai publié deux ouvrages issus de mes recherches de thèse : Raphaël et Agostino Chigi, le peintre et son mécène (PUR, 2018), et Al Magnifico Agostino Chigi, Le mécène et l’imprimerie dans la Rome du XVIe siècle (PUP, 2020).
S: Comment t’es-tu intéressée al maestro Raffaello ? Tout commence lors d’un voyage à Florence, si je me souviens bien…
A: Oui, mon intérêt pour Raphaël remonte à l’adolescence, lorsqu’un été je visite Florence avec mes parents… Et en déambulant dans les musées… c’est le coup de cœur, coup de foudre pour les œuvres de Raphaël que j’ai retrouvées ensuite pour mes premiers mémoires de Master…
Tout a commencé ainsi… d’une manière très simple et très forte à la fois.



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S: La figure de Raphaël est au cœur de tes recherches. Sur ta recommandation, j’ai visionné le documentaire “Les maîtres de Rome” dans lequel tu interviens en tant qu’historienne de l’art, experte de Raphaël. On y apprend qu’il a séjourné à Rome en même temps que Michelangelo (que j’adore!) ainsi que le grand Leonardo (da Vinci), tous trois conviés par les Papes pour redonner à la ville sa splendeur d’antan. Il est considéré comme une figure-clé de la Renaissance et a développé une nouvelle forme d’art à travers ses portraits. Comment décrirais-tu cet artiste?
A : Raphaël est un artiste caméléon, qui absorbe tout ce qu’il voit. Très jeune dans l’atelier de son père Giovanni Santi à Urbino, il observait déjà les grands maîtres qui venaient dans la cité ducale. Durant toute sa carrière, il n’a cessé de renouveler son style, au contact des maîtres qu’il admirait. On dit aussi de lui qu’il est le maître de la conciliation. Son ambition était de fusionner par sa main, les qualités et les innovations de ses pairs, afin d’offrir à la peinture l’expression la plus aboutie de la Renaissance. C’est d’ailleurs pour cela qu’on le présente souvent comme « Le dernier maître de la Renaissance ».
S: Etudier Raphaël, ses œuvres, ses commandes, c’est aussi chercher à en savoir plus sur ses mécènes. L’un d’eux est un banquier siennois très en vue à l’époque. Peux-tu nous parler d’Agostino Chigi, aussi appelé Il Magnifico?
A: Agostino Chigi est en effet un marchand-banquier – aujourd’hui on le qualifierait d’hommes d’affaires – siennois, qui va faire fortune à Rome en travaillant au service de trois papes : Alessandro VI, le pape Borgia, puis, Jules II et Léon X le pape Médicis.
Et il va, à la manière des Princes, lui aussi mener une activité de mécène, liée notamment à sa villa du Trastevere, aujourd’hui la Villa Farnesina.
S : Comme je le disais en introduction, tu es l’auteure du roman “Le secret de la Fornarina”, publié aux Ateliers Henry Dougier et sorti le 3 avril 2025. J’ai particulièrement aimé ce roman. Je savais que le sujet me “parlerait”… je n’imaginais à quel point! Au-delà de l’histoire d’amour, entre Francesca et Agostino, ce roman nous parle d’être une femme dans l’Italie de la Renaissance. Le parallèle que l’on peut faire avec notre condition de femme dans le monde moderne est assez saisissant.
A : Oui. L’histoire de Francesca résonne encore dans notre contexte actuel, et avec les conditions de la femme aujourd’hui. Par son courage et sa détermination à vivre en tant que femme, et non pas seulement en tant que « fille d’un père », « épouse d’un mari », « mère d’un fils », elle va franchir de nombreuses barrières, morales, sociales…, mais ce qui la rattache davantage à notre propre condition ce sont sans doute les barrières psychologiques, mentales, familiales qu’elle parvient également à lever pour pouvoir se découvrir elle-même, en tant que personne. Ces barrières peuvent encore être très présentes dans notre société, malgré les 500 ans qui nous séparent de la protagoniste du roman, et impacter encore très fort, je crois, la vie de nombreuses femmes aujourd’hui.
L’héroïne du roman est une jeune femme qui va oser se découvrir intérieurement, et elle va le faire à travers la peinture et son rapport à l’art en devenant modèle.
Dans la collection « le roman d’un chef-d’oeuvre »
Mêlant récit romanesque et réalité historique, le roman nous plonge en plein cœur de la Renaissance italienne, à travers un voyage de Venise à Rome.
Muse emblématique de la Renaissance, la Fornarina pourrait raconter une autre histoire…

Mon désir de raconter l’histoire de Francesca est très vieux […]. Dès que j’ai commencé à travailler sur le portrait de la Fornarina, il y a un peu plus de 15 ans, une autre histoire s’est imposée à mon esprit. Plus je me documentais sur ce portrait anonyme réalisé par Raphaël vers 1518/1520, plus je m’interrogeais sur l’hypothèse d’identification à Marguerita Luti.
S: Une histoire universelle au fond, qui je pense, résonne chez beaucoup d’entres nous… Est-ce que tu veux bien nous parler de la genèse de ton roman? J’ai déjà quelques éléments, mais peux-tu donner aux lecteurs le contexte de l’écriture de “Le Secret de la Fornarina”? Comment tout à commencé?
A: Mon désir de raconter l’histoire de Francesca est très vieux en réalité. Dès que j’ai commencé à travailler sur le portrait de la Fornarina, connu pour être le portrait de la maîtresse de Raphaël, il y a un peu plus de 15 ans, une autre histoire s’est imposée à mon esprit. Plus je me documentais sur ce portrait anonyme réalisé par Raphaël vers 1518/1520, plus je m’interrogeais sur l’hypothèse d’identification à Marguerita Luti, sa maîtresse, fille d’un boulanger qui vivait près de la Villa d’Agostino Chigi dans le Trastevere.
Cette hypothèse s’est bâtie au fil des siècles sans que l’on puisse réellement rattacher le portrait à la maîtresse de Raphaël, laissant apparaître plusieurs autres hypothèses d’identification dont celle de Francesca Ordeaschi.
Le contexte de création du portrait, comme la biographie du peintre et celle de Francesca Ordeaschi coïncident avec une autre interprétation du portrait.
Mais les sources et les preuves manquent… La collection « Le roman d’un chef d’œuvre » des Ateliers Henry Dougier est donc apparue comme providentielle.
Enfin, je pouvais raconter cette histoire…, sous forme d’un roman !
S: Tu défends une hypothèse sérieuse sur laquelle, on l’a dit, tu travailles depuis de nombreuses années. Pour toi, ça ne fait presque aucun doute, La Fornarina, c’est Francesca, une femme dont on sait très peu de choses mais dont on a très envie de percer le secret…
A: Je n’affirme rien. Je dis simplement qu’en y regardant d’un peu plus près, on peut discuter cette hypothèse d’identification à Margherita Luti et la confronter avec une autre qui coïncide incroyablement avec tous les détails du portrait.



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S: Dans quelle mesure tu dirais que tu t’es identifiée au personnage de Francesca dans le roman?
A: Ça c’est une réponse que je préfère réserver au cadre plus confidentiel du voyage…
Mon but est de faire découvrir la beauté des lieux et des œuvres avec mes clés d’historienne de l’art, d’émerveiller les participants en leur montrant cette beauté, mais aussi de créer un rapport intime avec l’œuvre...
S: Très bien! N’en dévoilons pas trop tout de suite alors! Nous nous sommes rencontrées au printemps dernier, quelques semaines seulement après la sortie du roman. On avait vaguement évoqué l’envie d’organiser un voyage autour du roman mais ce n’est que quelques semaines plus tard, que tu m’as contactée avec l’idée de concrétiser ce voyage. Parle-nous de cette escapade autour de “La Fornarina”. Comment t’est venue cette envie?
A: (Elle rit) Grâce à toi ! C’est en faisant ta rencontre et en apprenant que tu créais ton agence de voyages spécialisés en séjours conçus sur mesure en Italie que l’idée d’une « Escapade Fornarina » a surgi dans mon esprit.
S: (Je ris aussi) Je ne savais avoir été l’élément déclencheur! Je pensais que tu mûrissais ce projet depuis quelque temps et que notre rencontre n’avait fait que le concrétiser.
A: J’ai trouvé ton projet enthousiasmant et j’ai été sensible à ta conception du voyage qui apporte loisirs, divertissements, mais aussi du sens et de la profondeur.
L’Italie est un des pays les plus touristiques au monde et voit chaque année des millions de visiteurs mais, la rapidité des « séjours clichés » qui restent un peu en surface, n’est pas toujours le meilleur moyen de vraiment faire connaissance avec le pays et ses habitants. Ta façon de concevoir le voyage de manière plus réfléchie et de partager ton amour de la culture italienne et de toutes ses richesses a fait immédiatement écho à mon envie de partager ma passion de Raphaël sur les lieux.
Comme je le disais, je ne fais rien d’autre…, que ce soit à travers les livres, les conférences, ou les voyages, c’est seulement le format du cadre qui change.
S: Justement, parle-nous un peu de ce voyage, comment l’imagines-tu? Et surtout, qu’est-ce qu’il ne sera pas?
A: Il ne sera pas une course dans Rome ! C’est tout l’inverse que nous proposons.
Le but est vraiment de s’imprégner des lieux, des œuvres, de prendre le temps, et surtout de prendre conscience de l’espace et du temps que nous traversons, de ce que nous voyons de Rome et de Raphaël aujourd’hui et de ce qu’il faut imaginer pour comprendre dans quelles conditions et quel contexte les œuvres ont été créées, pour comprendre le message, la puissance émotionnelle, l’histoire ou les histoires qu’elles renferment encore.
Cela ne peut se faire qu’en savourant le voyage, qui sera aussi un voyage littéraire et historique.
Je l’espère joyeux et inspirant, en tout cas c’est comme ça que j’ai envie de le vivre et de le partager.
Mon but est de faire découvrir la beauté des lieux et des œuvres avec mes clés d’historienne de l’art, d’émerveiller les participants en leur montrant cette beauté, mais aussi de créer un rapport intime avec l’œuvre.
Je souhaite qu’ils ramènent avec eux de beaux souvenirs mais également une expérience qui leur est propre et qu’ils auront vécu avec les œuvres et à travers la Renaissance que l’on va leur raconter.
S: Amélie, un grand merci pour cet échange. Il me tarde de partir avec toi dans l’exploration de la Rome de Raphaël! Peut-être pour finir, voudrais-tu nous en dire un peu plus sur le roman? Et où vont t’amener tes prochains projets?
A : Ce que je peux dire du roman c’est que la notion du « secret » est importante et ne se résume pas seulement au problème d’identification du portrait.
Oui, il y a un aspect « enquête », car le portrait est entouré de plusieurs mystères, d’abord avec sa disparition pendant près d’un siècle après la mort de Raphaël, mais aussi avec la mort quasi simultanée de Raphaël, d’Agostino Chigi et de Francesca.
Justement nous l’évoquions plus haut, le secret est lié à la condition de la femme à cette époque et au désir d’Être. C’est le modèle qui nous le révèle, et qui nous raconte son histoire pour nous le livrer tout au long du roman.
Quant à mon prochain projet, je ne peux pas encore le dévoiler… Je peux juste dire qu’il est question d’une femme peintre et de Rome !



Ce voyage, nous l’avons rêvé exigeant, élégant et intimiste : un cercle restreint pour une expérience rare, un temps suspendu pour celles et ceux qui aiment les voyages qui ont du sens.

EXCLUSIVITÉ – L’auteure et conférencière Amélie FERRIGNO vous propose une escapade sur les traces de la Fornarina à Rome ce printemps.
Historienne de l’art, spécialiste de la Renaissance italienne, experte de la période romaine de Raphaël et auteure du roman Le secret de la Fornarina, Amélie Ferrigno vous propose un voyage inédit imaginé en collaboration avec B. Italie Travel, agence de voyages spécialiste de l’Italie. Un voyage immersif dans la Rome de Raphaël, sur les traces du peintre et de la muse la plus énigmatique de la Renaissance.
Dates et réservations
Un format intimiste pour une expérience unique! Les places sont volontairement limitées pour garantir un accompagnement exclusif.
Les réservations ouvriront très prochainement! Pour connaître les détails, il suffit de vous inscrire sur la liste d’attente pour recevoir toutes les informations en avant-première à l’ouverture des réservations.

Sandrine FERRI
Blogueuse et créatrice de vos plus belles expériences italiennes! Depuis toujours amoureuse du Bel Paese, j’ai aujourd’hui la chance d’avoir réalisé l’un de mes rêves : concevoir des voyages sur-mesure au pays de la Dolce Vita!