34 musées à visiter (virtuellement) en Italie

En Italie, quels sont les musées que l’on peut visiter virtuellement ?

Mars 2007
Elle est là devant moi. Dans toute sa splendeur.
C’est ma deuxième visite aux Offices. Je suis entrée sans billet coupe-file et sans faire trop faire la queue. Nous ne sommes pas encore en pleine saison touristique.
Au deuxième étage, j’ai d’abord parcouru la longue galerie, dont le plafond est décoré de grotesques. Au fond les baies vitrés donnent sur l’Arno et on aperçoit même le Ponte Vecchio. Puis je suis arrivée dans la salle dédiée à l’un de mes artistes préférés au cœur du musée.
Et elle est là devant moi : La Naissance de Vénus, peinte par Sandro Botticelli vers 1484.
Je regarde Vénus, née de l’écume marine. Elle est posée au milieu de son coquillage, dans le plus pur style de Botticelli, qui a utilisé la technique de la tempera.
Quelle douceur dans ce visage !
Quelle harmonie dans la composition.
Je crois que je pourrais rester des heures à contempler cette œuvre qui n’a pas encore révélé tous ses mystères.

Virtuellement grâce à des descriptifs complets ou des visites guidées en vidéo, les musées de la péninsule italienne nous dévoilent leurs trésors.
Il existe notamment une application de Google qui permet une visite virtuelle : Arts & Culture.

Je vous donc propose une liste (non exhaustive) de musées italiens et du Vatican à visiter virtuellement.
Suivez-moi, on embarque!

Musées du Vatican

Cet ensemble muséal regroupe 12 musées en tout pour un total de 1400 salles réparties sur 7 km, mais aussi 3 chapelles et 5 galeries.
Un espace énorme sur un si petit État, dont voici la liste :
La Pinacothèque
La Collection d’art religieux moderne
Le musée Pio-Clementino
Le musée ethnologique missionnaire
Le musée grégorien égyptien
Le musée grégorien étrusque
Le musée grégorien profane
Le musée chrétien
Le musée de la Bibliothèque apostolique vaticane
Le musée des carrosses
Le Musée Chiaramonti
Le musée philatélique et numismatique

La vaste collection qui y est représentée se compose notamment de peintures et sculptures.
Il s’agit des œuvres rassemblées au fil des siècles par les Papes qui furent de véritables mécènes.

Parmi les lieux les plus célèbres, on peut citer entre autres la Chapelle Sixtine.
Inaugurée en 1512 par Jules II, il fallut six ans pour l’ériger (1477-1483). Elle abrite de superbes fresques peintes par les plus grands artistes de la Renaissance : Le Pérugin, Botticelli ou encore Ghirlandaio. Elle est surtout célèbre pour sa voûte, haute de 21 mètres et peint par l’artiste Michel-Ange où l’on peut admirer la Création d’Adam.
Plus tard, Michel-Ange réalisera aussi la fresque couvrant le mur de l’autel avec la représentation du Jugement dernier sur demande du Pape Paul III.
Il lui faudra 6 ans pour en venir à bout.

Vous pouvez l’admirer dans cette vidéo sans visiteur.
Pensez qu’en temps normal elle accueille près de 20000 visiteurs par JOUR!

État du Vatican

Musée égyptologique | Turin

Saviez-vous qu’après celui Le Caire, le musée des antiquités égyptiennes de Turin est le plus important au monde ?
On parle ici d’un musée entièrement dédié à la civilisation nilotique.
Car, en effet, le British Museum de Londres compte plus de 110 000 pièces de la civilisation égyptienne (dont seulement 4% environ sont exposées en permanence).
Quant au Louvre, il comptabilise près de 70 000 pièces.
Le musée de Turin possède plus de 30 000 pièces, dont seulement 6500 sont exposées. Le reste des pièces étant en réserve.

L’histoire du musée est au moins aussi intéressante que les pièces qui s’y trouvent.
La mode pour le collectionnisme d’antiquités égyptiennes démarre au lendemain des campagnes napoléoniennes.
Mais déjà en 1759, un professeur de l’Université de Turin et passionné d’égyptologie, Vitaliano Donati, se rend en Egypte sur demande de la maison de Savoie pour effectuer des fouilles. Il y trouvera différentes pièces qu’il enverra ensuite à Turin.

Puis c’est un autre personnage qui entre en scène.
Tour à tour diplomate, aventurier et antiquaire, Bernardino Drovetti commence à réunir une importante collection d’antiquités alors qu’il est consul d’Egypte au Caire.
On parle de plus de 8000 pièces entre statues, sarcophages, momies, papyrus, amulettes et bijoux.
Avec Bonaparte, il a participé à la Campagne d’Egypte alors qu’il a tout juste 18 ans. Il repart en Egypte en 1802 et c’est à ce moment-là qu’il commence à constituer son « trésor » entrant en rivalité avec le consul du Royaume-Uni, Henry Salt, dès 1815 dans la course aux antiquités égyptiennes. Salt s’entourera d’ailleurs d’un autre égyptologue italien Giovanni Battista Belzoni surnommé le géant de Padoue.

Quand Drovetti vend sa collection dans une sortie de loterie-enchère, en 1824, c’est le prince Victor-Emmanuel de Savoie, sur les conseils de Jean-François Champollion (le « traducteur » de la pierre de Rosette conservée au Bristish Museum depuis 1801) qui lui en achète une partie, pour la modique somme de 400.000 lires de l’époque. Cette partie contient notamment d’imposantes statues de Ramses II et Sethi II et le célèbre canon royal.
Une partie de sa collection est aussi vendue au roi de France, Charles X pour le Louvre et au roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, pour le musée égyptien de Berlin.

Cette année-là, le roi Charles-Felix de Savoie crée le musée égyptologique qui existe encore de nos jours dans le palais de l’Académie des Sciences avec la collection achetée par son frère.
Il y ajoute les pièces de Donati créant ainsi le premier musée égyptien du monde.
S’y ajoute aussi les pièces de Carlo Vidua, explorateur, collectionneur, bibliophile et voyageur.
Intéressé par l’Égypte, il arrive à Alexandrie fin 1819. Après avoir pris contact avec Drovetti et Salt, il explore l’Egypte pendant un an et demi, du delta du Nil, au nord, à la Nubie, au sud.
Il transcrit divers hiéroglyphes et rassemble une petite collection avec notamment des stèles de Nubie, qu’il envoie à Turin.
C’est aussi grâce à ses tractations avec Drovetti que le gouvernement piémontais acquiert une partie de la collection.

Le développement du musée et de ses collections est cependant l’œuvre de l’archéologue Ernesto Schiaparelli.
Il arrive à la tête du musée en 1894 après avoir dirigé le musée égyptien de Florence.
En 1903, il participe à la création de la MAI (Missione Archeologica Italiana) qui permettra jusqu’en 1920 de mener 12 campagnes de recherches grâce auxquelles 35 000 pièces entrèrent au musée de Turin.
Toutes ses campagnes ont été documentées par des photos.
Le musée converse encore aujourd’hui ses 14 000 pellicules.

Les collections du musée égyptien de Turin sont composées des statues, de sarcophages, de momies, de papyrus, de bijoux mais aussi d’objets de la vie de tous les jours.
Mais la pièce maîtresse du musée réside dans un papyrus.

Il s’agit du papyrus nommé le « Canon royal de Turin » ou plus génériquement le papyrus de Turin de par son importance.
Écrit en hiératique, le papyrus recense plus de 300 noms de rois ou pharaons égyptiens ainsi que leur durée de règne.
Il brasse ainsi une période qui va du règne des dieux jusqu’à la 18ème dynastie.
C’est Drovetti, qu’il le trouve à Thèbes en 1822, en bon état de conservation.
Malheureusement, il fut transporté dans de mauvaises conditions et fut réduit en plus de 160 fragments.
Il semblerait que la maison de Savoie l’ait acheté dans cet état avec la collection.
Il s’agit d’une pièce d’une grande valeur que l’égyptologue Champollion a pu observer.
Il est à Turin en 1824-1825 pour des recherches. Il trouve par hasard le papyrus abandonné au fond d’une boite dans les collections du musée.
On dit d’ailleurs qu’il a compris tout de suite qu’il s’agissait d’une pièce d’une importance exceptionnelle.
C’est lui qui en commence la restauration mais survenue trop tardivement, elle n’a pas permis de sauver de nombreux morceaux qui demeurent manquants.

Le temple rupestre d’Ellesiya fait aussi partie des intérêts majeurs du musée.
Il s’agit d’un temple qui a été entièrement décomposé en Égypte pour être reconstruit entièrement dans le musée de Turin.
Il a été donné par le gouvernement égyptien à l’Italie, en 1970, en remerciement suite à son intervention dans les travaux de déplacement du temple d’Abou-Simbel sur le Nil.
En 1960, le président Nasser décide de commencer les travaux pour le barrage d’Assouan, qui mettait à risque des nombreuses œuvres égyptiennes dont les temples d’Abou-Simbel.
L’Unesco intervient alors et plus de 113 pays envoyèrent hommes, argent et technologie pour sauver le fabuleux monument.
On décida de le couper bloc par bloc pour le déplacer plus haut.
Dans les travaux qui durèrent de 1964 à 1968, et nécessita plus de 2000 hommes, une équipe d’ouvriers experts dans l’extraction du marbre en provenance de Carrare notamment, dirigea les opérations.

Chaque semaine, sur You Tube, l’actuel directeur du musée Christian Greco, vous amène à la découverte de ces trésors, avec Le Passeggiate del Direttore.

Via Accademia delle Scienze, 6

Galerie des Offices | Florence

Autrefois bureaux des Médicis, la galerie des Offices abrite aujourd’hui l’un des plus beaux musées du monde grâce à l’une des plus belles collections de peintures de la Renaissance italienne mais aussi européenne.
C’est un complexe en plein remaniement avec bientôt la fin des travaux du Corridor de Vasari.
Le grand-duc de Toscane Côme en demande la construction à Vasari en 1560 qui y fait passer au-dessus un couloir secret. Il permettait au Grand-duc de quitter Palazzo Vecchio et de rejoindre Palazzo Pitti sans se mêler à la foule.

Ce n’est qu’au XVIIIème siècle qu’il est transformé en musée avec l’arrivée sur le trône de Toscane des Lorraines. Juste avant cela, la dernière Medicis, Anna Maria Luisa, cède les collections de sa famille au Lorraines à conditions qu’elles restent à Florence.
C’est ainsi que le musée ouvre ses portes en 1765 sur près de 8000 mètres carrés de superficie.

Le musée possède des œuvres qui vont de Cimabue au Caravage sans oublier Giotto, Leonardo, Raphaël, Michel-Ange et bien-sûr Botticelli.

Ci-dessous la vidéo du directeur Eike Schmidt.

Piazzale degli Uffizi, 6

À Florence, le corridor de Vasari rouvrira ses portes en 2021

Pinacoteca di Brera | Milan

La pinacothèque de Brera est considérée comme l’un des musées les plus importants d’Italie, avec le Musée des Offices de Florence et les Musées du Vatican à Rome. A part quelques sculptures, c’est un musée dédié entièrement à la peinture.
La pinacothèque est située dans le palais Brera, de style baroque, qui abrite aussi la Bibliothèque nationale Braidense, l’Académie des Beaux-Arts, l’Académie des Sciences et des Lettres de l’Institut lombard, l’Observatoire astronomique mais aussi le Jardin botanique.

Sur plus de 24 000 m², elle contient une grande sélection de chefs-d’œuvre d’artistes de plusieurs écoles : vénitienne, lombarde, ferraraise, bolonaise, toscane, des Marches mais aussi flamande.
En entrant dans la cour du palais, avec ses élégantes arcades sur deux étages, on découvre le bronze d’Antonio Canova représentant Napoléon en Mars.

On peut y admirer des œuvres de Bellini, Botticelli, Il Bronzino, Caravage, Le Corrège, Raphaël, Signorelli ou Modigliani mais aussi Rubens et Van Dyck pour ne citer qu’eux.

Une oeuvre célèbre? Le Baiser de Francesco Hayes.

Via Brera, 28

Musées civiques | Venise

La Fondation MUVE compte 11 musées que sont :
Le Palais Ducal
Le musée Correr
La Ca’ Rezzonico – Musée du XVIIIème siècle vénitien (Settecento veneziano)
La Ca’ Pesaro – Galerie internationale d’art moderne
Le musée du verre de Murano
Le musée d’histoire naturelle
Le Palais Mocenigo – Musée du tissu et du costume
Le Palazzo Fortuny
Le musée de la dentelle de Burano
La maison de Carlo Goldoni
La tour de l’Horloge
Le musée du Risorgimento et du XIXème vénitien

Il s’agit d’un patrimoine énorme qui ne peut pas être résumé en quelques lignes.

Voici le lien vers la chaîne You Tube du pôle.

Piazza San Marco, 52

Mais aussi

Castel Sforzesco
Visite guidée sur Google Arts&Culture

Palais royal de Caserte
Visite guidée ici

Musées civiques de Rome
Visite guidée ici

Site archéologique de Pompéi
Suivez le directeur Massimo Osanna ici.

Pompéi, mon amour

Bon à savoir !

Rappelez-vous que, d’octobre à mars, chaque premier dimanche du mois, les musées nationaux italiens sont gratuits ! #iovadoalmuseo
Mais aussi qu’en fonction des régions où vous allez et des jours fériés régionaux, certains musées sont gratuits en d’autres occasions.

Enfin, sachez aussi que beaucoup de musées offrent l’entrée aux femmes le 8 mars.

Pour aller plus loin

Les 30 musées italiens les plus visités en 2019.

Lesquels avez-vous déjà visité ?

La carte des musées

C’est un sujet extrêmement dense qui j’espère vous aura inspirer !

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